Nous nous réveillons dans le train de nuit qui nous conduit de Hospete (Hampi) à Mysuru. Cette fois encore, la nuit a été longue et le sommeil léger. A intervalles réguliers, notre wagon est violemment heurté par celui qui le précède. Toutes les vingt minutes, probablement à chaque fois que le train accélère, nous sommes projetés de quelques centimètres et nous réveillons en sursaut avec le bruit de férailles qui s’entrechoquent. Nous ne sommes pas rassurés et ne dormons certainement pas sur nos deux oreilles.
Nous arrivons tout de même sains et saufs à Mysuru Junction, et à l’heure de surcroit. Nous faisons connaissance avec Mr. Ravi notre driver du jour.
Mr Ravi nous emmène d’abord gouter la délicatesse locale servie pour le petit déjeuner traditionnel : les mylari dosa (Hotel Original Vinayaka Mylari). Ce sont des grandes crêpes servies avec du chutney de noix de coco. Nous goûtons par ailleurs les idli, des gateaux de riz fait à la vapeur en forme de soucoupe volante.
Nous visitons ensuite rapidement le palais de Mysore qui serait le plus beau du sud de l’Inde. Nous apprendrons plus tard que les indiens sont friants de ce genre de descriptions superlatives. Tout est toujours « le plus vieux », « le premier », « le plus grand », ou « le seul et l’unique », en général dans le monde ou dans le pays.
Nous quittons ensuite la ville, direction les denses fôrets de la réserve Nagarhole. La zone est censée être la meilleure du sud de l’Inde pour apercevoir le tigre. Nous sommes en plus dans la bonne saison !
En route, Mr Ravi nous énumère tous les animaux qu’il a pu apercevoir en sillonant la région dans sa Toyota pour conduire les touristes. Nous arrivons au Kabini river lodge plein d’espoir. Pour rajouter de l’huile sur un feu déjà ardent, un tableau blanc, affiché devant la réception, rapporte les animaux aperçus sur les derniers jours. Si l’on en croit le lodge, Matin et soir, le tigre a été observé la veille et l’avant-veille.
Nous nous rendons vite à l’évidence que le Kabini river lodge n’est pas si charmant. Nous pensions être au coeur de la jungle de Mowgli, nous sommes en fait en bordure d’un villages et de kilomètres de terre cultivée. De l’autre côté se trouve la rivière Kabini. Nous avons choisi de dormir en tente, avec en tête la notion, certes floue mais tout de même, de Glamping. Notre chambre n’est pas du tout « cosy » et n’invite aucunement à la contemplation. Les journées sont militairement rythmée par deux safari, le premier à 6h du matin, le deuxième à 15h, avec entre deux les repas à horaires très précis. Le premier jour, nous sommes convoqués pour un documentaire sur la faune locale, que nous décidons de râter en signe de résistance. Le buffet de plats indiens végétariens et « non veg » est gargantuesque. Nous ne remarquons pas de franche différence dans les curry servis au petit-déjeuner. Heureusement, il y a toujours les Dosa, les crêpes ! Nous sommes entourés de familles provenant des grandes villes indiennes avec leurs enfants-rois.
Nous nous autorisons un traitement ayurvedique pour nous remonter le moral (spoiler : nous ne verrons aucun tigre !). Il s’agit surtout d’un full body massage, réalisé à base de litres d’huile versés dans nos cheveux et sur notre corps et agrémenté de petites claques sur la tête. Relaxation moyennement garantie.
Nous restons 2 nuits au Kabini river lodge. Après trois sorties en jeep et une en bateau, le bilan est accablant : pas une seule moustache de tigre dans les environs … la seule preuve de son existence est une trace de patoune sur la piste. Pour voir des félins, nous aurions mieux fait de rester à MTX …
Durant tout ce sejour, notre colibri débrouillarde, AKA Kilije, est malade … la fatigue accumulée des derniers jours n’aidant pas. Cela ne l’arrête pourtant pas et elle pistera le félin quotidiennement à chaque occasion !
Dans la forêt, nous observons : les cerfs communs, les cerfs-Sambar, les gayal (de gros buffles sauvages), des sangliers, des langgur, de nombreux oiseaux dont des paons, des mangoustes, et bien sûr des éléphants ! Sur la rivière, nous observons en plus : une loutre, un crocodile et de très très loins, et des chiens sauvages.


























