INDE – CHAPITRE 2: UN ELEPHANT DANS UN TEMPLE

Lundi 27 avril 2026

Nous nous réveillons dans le train. Nous n’allons pas vous mentir, nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. Entre les allers et venues des occupants des autres lits de notre cabine (qui contient 4 couchettes), les mouvements intempestifs du train et son bruit de vieille casserole, malgré la 1ère classe (1AC), nous ne nous sommes pas beaucoup reposés. Nous vous passons par ailleurs la description des toilettes du train, l’endroit parfait pour se rafraichir le visage au réveil. Enfin bon, au moins ça nous rappelle des souvenirs. Nous nous remémorons nos plus grandes galères de notre voyage en 2022, notamment les 14 heures de bus, le jour de Noël, pour rejoindre Bukit Lawang à Sumatra. Il faudra que l’on vous raconte cette histoire.

Nous avions mis un réveil 1 heure avant l’arrivée du train à notre destination. Mais mauvaise surprise, nous nous rendons vite compte que nous sommes à peine à mi chemin. Notre train aurait passé la moitié de la nuit à l’arrêt, et a pris 4 heures de retard. Nous sommes impressionnés, l’indian railways train company bat à plates coutures nos cff. C’est un super timing puisque notre driver et notre guide nous attende à destination pour visiter la ville de Badami… C’est pour nous l’occasion de profiter un peu de ce joli wagon couchette. Nous nous restreignons sur l’hydratation ; ce n’est pas nécessaire de passer trop de temps dans les sympathiques washroom…

Nous arrivons donc à Badami à 13h au lieu de 9h du matin. Notre très sympathique driver nous attend, et nous emmène rejoindre notre guide au pied des caves de Badami. Comme nous n’avons peu de temps, notre guide nous accorde 20 minutes, après négociations, pour visiter les 4 caves cachant les temples rupestres. Le timer est lancé, nous nous ruons en haut des escaliers en ignorant les 40° celsius. Entre chaque sprint pour voir les incroyables gravures de Shiva ou Vishnu, nous sommes arrêtés pas des familles indiennes désireuses de s’immortaliser avec les baroudeurs les plus resplendissant n’ayant jamais foulé ces terres, aux yeux couleur de glace et à la chevelure dorée comme le houblon (ici, nous sommes des stars) – ces interruptions tombent à pic. Nous prenons cependant à cœur notre rôle de célébrité et accédons poliment aux demandes de nos fans.

Les caves de Badami sont creusées dans une roche poreuse et orange. Il est difficile de s’imaginer comment la roche a pu être coupée aussi droite en de temps ancestraux. A l’intérieur, il règne une odeur nauséabonde que nous connaissons bien. Je les évoque même avant de les voir : des centaines de chauves-souris se balancent gentiment. Vishnu avec sa tête de lion et Shiva semblent prêts à se libérer et se jeter hors des parois avec leurs armes.

Nous continuons notre route, un peu renfrogné vis-à-vis de notre guide qui semble nous tenir responsable de notre retard. Il faut dire que ce n’est jamais facile de savoir ce que les indiens pensent ou expriment tant leur langage non verbal diffère du notre.

Nous visitons le site de Pattadakal, tout aussi beau mais dans un style complètement différent. Les sculptures au mur représentent des couples heureux, s’enlaçant, la femme en habits courts. Tout ça semble bien moderne. Nous finissons avec la visite d’un temple tout arrondi de la même époque.

Nous quittons Badami avec notre driver, et nous mettons en route pour notre prochaine destination : Hampi.

Mardi 28 avril 2026

Aujourd’hui, je ne suis pas très en forme. Mon ventre me fait mal, j’ai l’impression d’avoir une gastrite (les épices ?). Je me sens lessivée. Je suis vite revigorée quand j’aperçois la silhouette de la colline d’Hampi. Hampi était apparemment la capitale du plus grand empire de l’Inde au ___ème siècle. Les vestiges se dressent au milieu de milliers de grands rochers sphérique, éparpillés suite à une éruption volcanique selon le guide. Les constructions ont été réalisés sur des collines recouvertes d’un sol en pierre lisse. Notre guide (un différent de la veille, ouf), nous emmène d’abord voir un Ganesh géantissime en pierre. Il fait 4 mètres de haut. Le guide nous raconte l’histoire de la naissance de Ganesh, enfant à la tête d’éléphant.

Je me fais ensuite sauter dessus, au sens propre, par un énorme langgur, moins d’une minute après que le guide est dit que ces singes étaient pacifiques. Je ressors de ce câlin forcé choquée, mais indemne.

Nous visitons ensuite un temple beaucoup plus récent, mais tout aussi intéressant. Nous rechignons à retirer nos sandales. Mais c’est bien sûr obligatoire de marcher pied nu dans le temple, rempli de bout de bananes écrasées, éparpillées par les oiseaux et les singes, locataires peu respectueux. Ici, une camera obscura a été réalisée pour projeter l’ombre la pointe du temple sur un mur, car selon la légende, toucher le haut du temple promettrait une vie heureuse aux jeunes mariés. Nous ne pouvons toucher que l’ombre du haut du temple, mais quand même, ça ne mange pas de pain.

En sortant du temple, vision incroyable nous croisons Lakshmi, l’éléphante résidante de ce temple. Les hindous gardent parfois des éléphants dans les temples importants pour leur faire réaliser toutes sortes de pirouettes lors des événements religieux. A défaut de pouvoir appeler la SPA, nous donner quelques roupies à Lakshmi, qui les tend docilement à son dresseur, et nous gratifie d’une tape de trompe sur la tête. C’est lourd et mou, étonnement doux ; nous sommes tout de même contents de porter nos casquettes.

Notre guide nous amène ensuite voir un tout aussi géantissime Nandi en pierre, le buffle servant de monture à Shiva. Il fait toujours au minimum 43° celsius, nous en sommes à notre 4ème litre d’eau. Au moins, il y a toujours une gentille brise pour nous vendre une illusion fraicheur. Des bateliers nous transportent ensuite le long d’une rivière, voir des dizaines de shiva lingam (les pierres sacrées représentant shiva) creuses sur les berges.

Dans l’après-midi, nous visitons les étables des éléphants et le bain de la reine.

Nous clôturons notre visite d’Hampi avec le complexe du temple de Vittala. Au centre, il trône un char en pierre (qui bien sûr n’a jamais été utilisé). Les temples sont plein de détails gravés dans tous les coins. Un d’eux est soutenu par des centaines de colonnes réalisées avec une pierre contenant du métal. Les colonnes sont toutes de largeur différente, et lorsque l’on tape dessus avec le plat de la main, cela crée des sons à des notes variées. Le temple lui-même a donc été réalisé pour servir entre autres d’instrument de musique géant.

Nous mangeons dans un restaurant de la ville d’Hospete : un pulau aux petits pois (sorte de riz sauté), et un mouton roti au ghee avec des feuilles de curry. C’est vraiment très bon. Je commande une boisson au massala, c’est une espèce de breuvage froid, avec des épices, et sacrément salé. Autant dire que je laisse le verre à moitié plein. Nous quittons cette étape rupestre en train de nuit, direction le parc national de Nagarhole !

Rendez vous pour notre prochain chapitre : deux nuits dans la demeure du tigre.