CORSE – LA PLAGE, LA PLAGE, ET LA PLAGE

En cette fin d’été 2025, nous avons prévu de faire une partie du chemin des cols alpins, de Vrin à Binn. Mais la météo tourne vite, il fait de plus en plus froid, il pleut et il pleut et il pleut. Nous, nous ne sommes pas prêt à tourner la page. L’été correspond au quart de l’année, puisqu’il y a bien quatre saisons. L’été dure donc 12/4 = 3 mois = juillet + août + septembre. C’est mathématique. Nous comptons bien faire respecter ce théorème, ou peut-être cet axiome. Dès lors, nous abandonnons nos plans de randonnée en pèlerine et choisissons nos plus beaux maillots.

Il y a tout même un challenge… Au Brésil, le sable était si fin et immaculé, que nous le comparions à la farine de riz. Comme une poignée de ce sable dans le creux de notre main, ce dernier voyage a vu nos quelques économies se faufiler et s’échapper de notre poigne. Contre notre gré bien sûr ! Nous n’y sommes pour rien dans cette affaire !

En Corse, il va donc falloir composer avec un budget plus strict… C’est ainsi que l’on finit par bourrer la subaru de ma mère avec tout notre matériel de camping emprunté à gauche et à droite, direction Savone !

Nous partons dans la matinée du samedi 30 août 2025. Il y a 4 heures de route. Nous décidons de passer par le col du Grand Saint Bernard, plutôt que par le tunnel. Nous ne sommes pas pressés.

On ne peut pas s’empêcher de faire halte à l’hospice du Grand Saint Bernard pour visiter les molosses.

Passé le col du Grand Saint Bernard, direction Aoste où un deuxième stop s’impose. Nous n’allons tout de même pas râter un lunch piémontais !

Avant d’embarquer, nous visitons le bourg médiéval coloré de Finalborgo, à quelques kilomètres à l’ouest de Savone. Toutes les familles ont sorti des tables dans la rue et l’ambiance est encore à la plaisance.

Nous arrivons à la tombée de la nuit sur le quai d’où part le Corsica ferry,à destination de Bastia. Les voitures sont alignées. Comme toutes les monospaces qui nous entourents, on nous impose une étiquette « Corsica Ferry 2025 » sur la voiture… Tout à l’air d’aller pour le mieux… oui oui mais. Finalement, on attend jusqu’au milieu de la nuit pour embarquer sur le ferry en raison de la ponctualité de nos voisins français. Sur les quais, dans les monospaces, tout le monde dort. A côté de nous, une voiture avec plaque suisse klaxonne de manière intempestive toutes les 15 minutes. Les propriétaires n’y font pas grand chose. Après une gueulée aussi majestueuse qu’injurieuse d’un franco-français, le problème se résout.

Le ferry, c’est la débandade. Les Véroniques et les Didiers courent pour sécuriser une carré de moquette sous les escaliers. Ils y étendent leur matelas gonflables. Nous, nous sommes à la ramasse, arrivons après tout le monde et nous résignons à dormir sur nos sièges assignés qui sont bien inconfortables. C’est tout une expérience !

Nous arrivons à Bastia au petit matin. Fatigués ou pas, il y a un programme, et il faut le suivre.

J1 – La traversée du nord au sud par les montagnes

Nous allons traverser cette fameuse Corse, en diagonale, du nord au sud et d’est en ouest, et en vitesse. Nous vous rappelons que l’objectif de cette semaine est clair, et qu’il se trouve au sud. Nous nous engageons dans les vallées et montagnes corses qui sont de toute beauté. Plusieurs fois, notre volonté vacille. Ne faudrait-il pas mieux visiter ces montagnes que lézarder toute la semaine ?

Corte ne nous laisse pas un grand souvenir. Par contre, la vallée de la Restonica nous offre une pause forte appréciée après une nuit en mer. Il faudra revenir pour faire une randonnée à la journée. Nous, on ne se sent pas très sportif avec la fatigue, mais nous en profitons pour gouter un gateau à la crème et aux écorces de cèdres, le fruit emblématique de la Corse.

Mais nous, nous avons une mission. Nous ne sommes pas venus en Corse pour les rivières, les forêts ou la montagne. Nous avons choisi cette destination pour la mer. Celle qui fait mal à la tête et la nausée à la fin de la journée, celle qui donne envie, au soir, de ne plus jamais s’afficher au soleil et qui pourtant nous rappelle aux premières lueurs le lendemain, celle qui assèche la peau, celle qui met du sable à la racine des cheveux, celle qui miroite dans nos souvenirs d’enfants et d’adultes.

Nous filons alors toujours plus au sud, traversons les quais d’Ajaccio, et arrivons finalement à notre première plage : la plage de Mar e Sole, au sud de la baie d’Ajaccio. La plage est très belle, mais il y a énormément de monde. Au final, nous sommes trop crevés pour profiter pleinement ou sortir l’appareil photo.

Au soir, nous étendons la tente dans le sympathique camping en terrasse de Porto Pollo. Demain, le programme est chargé.

J2 – Plages de Cupabia** et site historique de Filitosa

Nous nous réveillons tranquillement sous notre tente, rangeons rapidement tout ça et partons aux aurores direction la plage de Cupabia. Cette fois-çi, nous entrons en matière. La plage est sauvage avec uniquement une petite paillote. Elle s’étend sur 700 m de sable blond. Des rochers orangés percent l’eau turquoise au sud de la plage. Ce sera une note de 2**/3 pour la plage de Cupabia !

Dans l’après-midi, nous visitons le site historique de Filitosa.

Même si le mantra de cette semaine est clair, nous ne résistons pas à l’appel de la vieille pierre, surtout si gravée d’une figure humaine par nos lointains ancêtres.

C’est toujours étonnant de retrouver sur des continents différents, aux 4 coins du mondes, des formes d’arts préhistoriques qui se ressemblent autant.

On visite dans l’après-midi Sartène. C’est franchement austère avec ces murs de pierres grises et ces petites fenêtres. Je ne retrouve même pas de photos..

Au soir, nous dormons toujours sous notre tente, dans le camping de Pero Longo, sur la route après Sartène. Nous mangeons dans la très charmante auberge U Sirenu, qui donne sur une jolie vallée sauvage. On s’auto-conseille de dormir là bas la prochaine fois (https://usirenu.fr/) et de manger à la Table de la grotte (https://guide.michelin.com/ch/fr/corse/sartene_1508622/restaurant/la-grotte), en espérant que nos problèmes de budget seront résolus !

J3 – Plage de Roccapina***, dépanneuse, et Alex

Des belles plages il y en a tellement de ce côté de la Corse. C’est dur de choisir. Il faudrait 3 semaines pour n’en voir que la moitié. Pour ce jour, nous avons jeté notre dévolu sur la très connue plage de la Roccapina. On la nomme la plage du lion car elle est surplombée par une formation rocheuse qui ressemble avec une touche d’imagination, a un lion couché, les pattes devant lui.

Comme c’est une plage très touristique, que nous ne sommes pas ici pour nous ressourcer, et que, de toute façon, les grasses matinées sur nos matelas gonflables sont de qualité douteuse, nous décidons d’y aller au plus tôt et sommes sur place autour des 8 heures. Il n’y a strictement personne sur cette étendue de sable doré. Nous avons la plage presque à nous seuls. Attention car ici, hors saison, il n’y a rien à manger, et la route pour l’atteindre est dantesque.

Après une première petite sieste, il faut remonter à la vie normale. La petite route d’accès à la plage est bourrée de gros cailloux et de trous pas possibles. Nous sommes bien contents d’avoir la subaru 4×4 de ma mère. Et pourtant, elle fait soudainement un vrai bruit de casserole 200m avant d’arriver en haut. Le bruit vient d’une des deux roues arrières. Le bruit est tel que l’on n’ose plus continuer, tout le monde nous regarde ! Nous faisons appel à un dépanneur corse. Une volumineuse pierre est dans la roue. Ouf, ce n’est rien de grave, et il parvient à nous l’enlever.

A midi, faisons un crochet pour voir le petit village de Monacia-d’Aullène. Comme la plupart des villages et villes corses, il n’y a pas grand chose à voir.

On s’arrête manger dans une échoppe appelée Chez Alex. Nous sommes acceuillis sur une longue table sur sa terasse. Il n’y a pas de menu. Alex, le propriétaire clairement mégalomane et mythomane, nous tient la jambe et nous sert un rajout d’agneau aux olives et des spaghetti. Ce n’est pas mauvais, même plutôt bon, mais a clairement l’air d’avoir été réchauffé et refroidi 1000x. Bizarres ces corses…

Nous ratons à regret les plages de Stagnolu et de la Tonnara car il y a un fort vent d’ouest qui les rendrait moyennement confortables. Mais nous les notons pour une prochaine visite !

Nous arrivons ainsi à Bonifacio et faisons un premier tour dans la ville.

Nous dormons dans le joli camping des îles, hors de la ville, sur la route direction Piantarella.

J4 – Lagon de Piantarella***, la plage du Petit Sperone* et la baie de Rondinara**

Ce matin, nous découvrons un des endroits préférés de Kilije pendant ce voyage : le lagon de Piantarella. Ce lagon, nous l’avons remarqué en trainant sur la vue satellite de google map pour reparé les eaux turquoises.

Ca donne envie d’aller jeter un oeil non ?

Selon le routard, c’est une baie pour les kite surfers, nous, les sports nautiques (comme tout autre type de sport), c’est pas franchement notre truc. Et pourtant, va-t-on se laisser convaincre ?

La baie est magnifique. Il est presque possible de marcher jusqu’à l’île de Piana tellement le lagon est peu profond.

Nous débutons par aller jeter un coup d’oeil à la plage du petit Sperone qui est à 15 minutes à pied. C’est une jolie crique fermée, idéale en ce jour en raison du vent tempétueux qui nous harcèle nuit et jour. Nous y sommes aux aurores, et pourtant, dès 10h, il ne reste plus une seule place pour une serviette. Nous ne restons finalement pas très longtemps.

Plus loin, il y a la plage du grand Sperone qui a l’air encore plus belle mais que nous ne nous embêtons pas à rejoindre au vu du vent d’ouest toujours aussi enquiquinant.

Le clou du spectacle, c’est vraiment le lagon… Pour pouvoir emmener notre appareil photo et notre picinic sur l’île de Piana, on loue un kayak pour quelques heures.

Le timing est serré et on file rapidement profiter de la baie de Rondinara. Ici, les roches sont oranges et la couleur est d’autant plus marquée en cette fin d’après-midi. C’est toujours plus beau. Nous sommes juste un peu embêtés par la quantité de voilier qui stationnent dans la baie en raison du vent.

Ca barbote sérieusement par içi.

J5 – Les iles Lavezzi et la baie de Santa Giulia*

Ce matin, nous avons réservé une activité qui l’on pense sera le Highlight de notre séjour! Nous avons réservé l’aller-retour aux iles Lavezzi. A nouveau, levés de bonne heure, on part avec un des premiers bateaux pour l’île. Le bateau déborde de touristes hyperactifs comme nous. La traversée offre une beau point de vue sur Bonifacio, qui semble prête à s’effondrer dans l’eau sous la force de l’érosion.

Finalement, arrivés aux iles Lavezzi, on voit les habitués se pousser puis faire de la marche nordique pour sécuriser l’emplacement de leur serviette. Ca ne nous dit vraiment rien de bon.

Les iles sont très belles avec leur gros rochers bien ronds qui semblent avoir été catapultés là par des géants antiques.

Nous ne sommes vraiment pas conquis. Surtout qu’il y a plein de méduses qui flotillent et ne font aucun effort pour nous éviter. Après avoir fait 4x le tour de l’île, nous ne parvenons pas à trouver de coin de sable suffisamment grand pour s’allonger. Nous perdons et décidons de rentrer à Bonifacio avec le prochain ferry.

Il est maintenant temps de prendre le large, direction Porto Vecchio.

Un regain de motivation et la frustration des îles Lavezzi nous poussent à s’arrêter à la baie de Santa Giulia. C’est beau, mais il y a des hotels, des jets skis, des catamarans, …

J6 – Plages de Palombaggia* et de Carataggio****

Comme tous les jours, nous nous levons tôt pour profiter des plages les plus touristiques. Ainsi, nous arrivons croissants à la main sur la plage de Palombaggia. L’eau est calme et translucide. Elle tire vers le vert. Pour une raison obscure, je ne prends pas de photos (plus de batterie ?). Nous décollons quand la foule arrive et prend d’assaut les nombreux transats.

Que dire de la plage de Carataggio… Elle vaut à elle seule tout le voyage. C’est cette plage là, celle que l’on n’arrive pas à quitter même quand on se sait flamboyant de coups de soleil, car à chaque instant, les lumières changent et elle n’en est que plus belle. Nous en revenons hypnotisés.

J7 – La baie de Saint Cyprien*** et Bastia

C’est déjà notre dernier café à la plage. Après avoir replié péniblement une dernière fois notre tente, nous nous rendons au Cabanon bleu, sur la baie de Saint Cyprien.

Enième coup de coeur pour cette plage. Elle nous plait par sa tranquillité. Pas de vague, une étendue lisse comme un miroir. Une partie sauvage au nord-est. C’est notre dernier moment de calme avant de conduire des heures jusqu’à Bastia et reprendre le ferry. Autant dire que l’on apprécie.

La plage, c’est déjà fini. Nous nous sentons déjà chanceux d’avoir amassés autant d’embruns en si peu de temps. Les stocks sont remplis, nous pouvons passer l’hiver sans regret. Peut-être aura-t-on même encore un grain de sable caché derrière l’oreille, ou entre les doigts de pieds, jusqu’à l’été prochain.

Nous arrivons à Bastia dans l’après-midi. La ville nous surprend par ses couleurs et sa simplicité. Il y fait vraiment bon vivre. Nous nous y perdons avant de quitter l’île de beauté.