En cette fin d’été 2025, nous avons prévu de faire une partie du chemin des cols alpins, de Vrin à Binn. Mais la météo tourne vite, il fait de plus en plus froid, il pleut et il pleut et il pleut. Nous, nous ne sommes pas prêt pour tourner la page et rentrer dans l’automne. On abandonne last minute nos plans de randonnée, et on s’organise des vacances à la plage !
Cependant, nous avons malencontreusement dépensé tout notre argent dans notre tout récent voyage au Brésil. Il va donc falloir être parcimonieux… C’est ainsi que l’on bourre la subaru de ma mère avec tout notre matériel de camping emprunté à gauche et à droite, direction Savone !
Nous partons dans la matinée du samedi 30 août 2025. Il y a 4 heures de route. Nous décidons de passer par le col du Grand Saint Bernard plutôt que par le tunnel, car pour une fois, nous avons le temps.
On ne peut pas s’empêcher de faire halte à l’hospice du Grand Saint Bernard pour visiter les molosses.


Nous passons le col du Grand Saint Bernard, direction Aoste où un deuxième stop s’impose. Nous n’allons tout de même pas râter un lunch piémontais !
Avant d’embarquer, nous allons voir le bourg médiéval coloré de Finalborgo.
Nous arrivons à la tombée de la nuit sur le quai d’où part le Corsica ferry direction Bastia ! Les voitures sont alignées. Comme toutes les monospaces qui nous entourents, on nous impose une étiquette « Corsica Ferry 2025 » sur la voiture… Tout à l’air d’aller pour le mieux. Finalement, on attend jusqu’au milieu de la nuit pour embarquer sur le ferry en raison de la ponctualité de nos voisins français. Tout le monde dort. A côté de nous, une voiture avec plaque suisse klaxonne de manière intempestive toutes les 15 minutes. Les propriétaires n’y font pas grand chose. Après une gueulée aussi majestueuse qu’injurieuse d’un franco-français, le problème se résout.
Le ferry, c’est la débandade. Les Véroniques et les Didiers courent pour sécuriser une carré de moquette sous les escaliers où étendre leur matelas gonflables. Nous, nous sommes à la ramasse et il faudra dormir sur nos sièges assignés qui sont bien inconfortables. C’est tout une expérience !
Nous arrivons à Bastia au petit matin. Fatigués ou pas, il y a un programme, et il faut le suivre.
J1 – la traversée du nord au sud par les montagnes
Nous prenons la route de Bastia jusqu’au sud d’Ajaccio en traversant les montagnes corses. Corte ne nous laisse pas un grand souvenir. Par contre, la vallée de la Restonica nous offre une pause forte appréciée après une nuit en mer. Nous en profitons pour gouter un gateau à la crème et aux écorces de cèdres, le fruit emblématique de la Corse !


La randonnée traverse un joli hameau puis descend en pente douce dans une forêt de sapins recouverts de neige.
C’est à la sortie de la fôret que les choses se corsent. Il faut grimper sur une sacrée pente à flanc de colline raflée par un vent peu sympathique, dans la haute neige, sans aucune trace. On arrive à Kronberg trempés de sueur et de neige. Et sans s’énerver, ça c’est le plus impressionnant!
Le lien de notre randonnée en raquette : https://schweizmobil.ch/fr/randonnees-en-raquettes/itineraire-669



On redescend de Kronberg en luge Davos. C’est une première pour Cyril. Et pas des moindres parce que la piste est serrée et franchement pentue. On arrive en bas en un morceau, tout ça était bien drôle.
Cyril a les pieds tellement trempés qu’il achète une nouvelle paire de chaussures de marche à Appenzell.
Le soir, on mange un délicieux repas typique dans le restaurant Zur Linde à Teufen. La Gersten Suppe ou soupe à l’orge est vraiment hyper savoureuse. On dort dans le village méconnu de Niederteufen (méconnu pour une bonne raison que l’on n’explicitera pas), dans une chambre au dessus d’une pizzeria. La salle de bain est partagée et Cyril touche le plafond quand il se douche. L’aventure quoi.
Le lendemain, on se réveille aux aurores pour attraper le premier Appenzeller Bahn qui va à Urnäsch. Il faut dire qu’on est quand même motivés pour se lever aussi tôt, sans vraiment toujours savoir où on va. Dans le train, on est rassurés de voir pas mal de monde. Nous allons probablement tous au même endroit. Arrivés dans le petit village d’Urnäsch, on suit les quelques groupes descendus du train en même temps que nous. Sur la place principale d’Urnäsch, on monte dans le premier Shuttle Bus direction la banlieu ou « Kerngebiet » Schönau. On nous a dit que pour trouver les Chlausen, il faut ensuite écouter et suivre le son des cloches. C’est ce que l’on fait. On ne tarde pas à en entendre.
Dans la nuit, on rencontre un premier groupe d’environ 6 hommes-sapins qui chantent du yodel devant une ferme. Les fermiers sont dehors et écoutent silencieusement. A la fin de chaque chanson, les hommes-sapins se secouent faisant tinter leur grosse cloche unique ou leurs grelots. Les fermiers leur servent de l’eau, ou du vin blanc avec une paille. Après une quinzaine de minutes de chant, les hommes saluent d’une poignée de main le chef de famille qui leur glisse un billet dans la paume et s’en vont en courant à la file indienne. Ils portent des bottes en cuirs avec des boucles, sont recouverts de branches de sapin ou de gui, portent une cloche unique ou plusieurs grelots, cachent leur visage avec un masque recouvert d’écailles de pin et d’une barbe de lichen et arborent une coiffe en carton sur laquelle de petites figurines immortalisent une scène de vie locale. Dans la nuit, de petites lumières permettent de distinguer tous les détails de leur habit éphèmère.
Arrive un groupe de « Schönste », ou de beaux. Dans chaque groupe de beaux, un est déguisé en homme avec un costume simple et un en femme. Celui déguisé en femme porte toujours la coiffe en bois la plus impressionnante. Eux aussi portent des cloches ou de gros grelots. Chaque personnage a l’air d’avoir son rôle et les costumes sont codifié en fonction.


Pendant ce temps, le soleil se lève sur les collines d’Appenzell. Le monde est bleu clair. Ce n’est même pas 7h, on au mileu de la campagne, devant de vieilles fermes, à écouter du yodel, chanté par une bande de gulu portant des déguisements avec plus de détails que nos habits de tous les jours.
On décide de redescendre au centre d’Urnäsch pour prendre un petit déjeuner et se réchauffer avant de repartir. Ce n’est même pas encore 9h du matin, et on a prévu d’aller à Bad Ragaz puis de rejoindre Flims pour la suite de notre séjour.
On est à la gare, prêts à partir quand je me remets en question. On est venu jusqu’ici pour voir la Silvesterschlausen, on a décidé de la date de no vacances pour ça, et on part après 2h ?
On décide finalement de retourner dans le village d’Urnäsch, cette fois ci dans le Kerngebiet Tal pour voir plus de Chlausen.
Et ça ne rate pas, on voit encore au moins 4 ou 5 groupes de Schönste ou d’homme-sapins !
On a rarement vu des fêtes folkloriques aussi belles. Il faut imaginer le temps que doit prendre la création des coiffes et des masques. Les groupes ont surement du répéter ensemble les chansons de yodel, ou est-ce qu’ils improvisent ? Ce qui est sûr c’est que tout est vraiment raffiné, alors même qu’on est entouré de paysages agricoles et de montagne.




On ne s’en lasse pas et on passe la matinée à chercher les groupes de chanteurs.
Tout a l’air très codifié, on découvre de plus en plus de détails. Ceux qui portent les grelots sont toujours couverts de sapins (et pas de gui). Dans les branchages, certains ont accrochés des champignons.



On en a plein les yeux et on est enfin prêts à continuer nos aventures, direction Bad Ragaz pour se remettre de nos émotions !




C’est irréel.
















